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Voile au féminin 2/3

Course au large : La FFV impose à Port-La-Forêt une sélection Espoir 100% féminine à bord du nouveau Figaro-Bénéteau 3

dimanche 1er avril 2018Christophe Guigueno

Créé en 1993 sous l’initiative de skippers de course au large finistériens, le Pôle d’entraînement de Port-La-Forêt peut s’honorer d’avoir formé de grands champions qui ont obtenu de nombreuses victoires sur toutes les mers du monde. Solitaire du Figaro, Route du Rhum, Vendée Globe ou Volvo Ocean Race, rien n’échappe aux élèves de la Vallée des Fous. Mais poussée à plus de mixité par la World Sailing - la fédération internationale de voile - elle-même bousculée par le CIO - le comité olympique -, la FFV a décidé d’imposer des règles de mixité à la grande école de course au large des jeunes navigateurs et navigatrices.

"Si le bilan sportif est exceptionnel, le bilan mixité est désastreux," nous a confié une cadre dirigeante de la Fédération Française de Voile. En effet, le palmarès de la sélection Espoir du centre de Port-La-Forêt dans la classe Figaro-Bénéteau est sans appel : depuis 1993, 15 skippers ont été sélectionnés pour obtenir la barre d’un voilier sur une période de 1 à 4 ans. Et si cet apprentissage (voir ci-dessous) à mis le pieds à l’étrier de futurs grands noms de la course au large comme les Cammas, Le Cléac’h, Josse, ou Gabart, la liste ne présente le nom d’aucune femme. Aucune.

La Vallée des filles ?

"L’esprit du Figaro-Bénéteau est d’être un monotype de course au large à armes égales," s’explique un des cadres de Port-La-Forêt. "La sélection Espoir s’est toujours déroulée dans cet esprit". Entendez par là que la sélection était ouverte aux femmes mais que, pour s’imposer, elle devait battre les hommes... "Nous sommes très fiers des résultats obtenus par le centre de Port-La-Forêt," ajoute la cadre fédérale. "Ils ont fait un travail exceptionnel dont toute la filière bénéficie. Mais c’est nous, la Fédération, qui n’avons pas été assez vigilants. Il est temps de changer les règles de cette sélection et d’imposer une formation réservée aux femmes".

Un "Challenge Espoir féminin" en 2019

Après un quart de siècle de sélections qui n’a formé que des hommes, le centre de Port-La-Forêt, en accord avec ses partenaires, la Région Bretagne et le CMB, va ouvrir en 2019 la première sélection de femmes skippers à bord du nouveau Figaro-Bénéteau 3. "Le Challenge Espoir féminin alternera une année sur deux avec le Challenge Espoir masculin," ajoute la cadre de la FFV.

"Nous sommes heureux de ce changement," a confirmé un cadre du Pôle finistérien. "Nous avons du retard à combler mais, avec le nombre de jeunes femmes qui s’illustre en mini 650 et sur la Volvo Ocean Race, nous disposons d’un vivier de talents et nous sommes prêts à les former à la compétition de haut niveau, en solo et au large."

La future skipperine du Challenge Espoir féminin 2019 ne se sentira pas seule pour autant au centre de la Vallée des Fous où quelques femmes ont quand même bénéficié d’une préparation de haut niveau comme Sam Davies, Jeanne Grégoire et quelques autres. Reste à séduire des partenaires qui, contrairement à la légende, préfère souvent un homme skipper à une femme.

Banques et assureurs prêts à soutenir la voile au féminin

"Cette sélection ne sera pas l’arbre qui cache la forêt," explique-t-on à la FFV. "Cette mise en place de la mixité doit être suivie par les partenaires qui doivent aussi suivre l’exemple de la Bretagne et du Crédit Mutuel !" Dans le viseur, Macif et ses 4 bateaux (le maxi multi, un Imoca en construction et 2 Figaro-Bénéteau) pour trois hommes (François Gabart en Ultim, Charlie Dalin et Figaro-Bénéteau et bientôt en Imoca, et Martin Le Pape en Figaro-Bénéteau).

"Beaucoup de partenaires, banques ou assureurs, ont souvent oublié que la moitié de leurs clients sont des clientes," s’étonne une femme skipper confrontée à la difficulté de trouver des sponsors. "L’initiative de la Fédé devrait ainsi les motiver à soutenir aussi la voile au féminin comme l’ont déjà fait Banque Populaire ou Generali".

Un discours enfin largement compris du côté fédéral : "Encore une fois, la course au large doit beaucoup à ces entraîneurs, encadreurs et sponsors qui ont aidé à la formation des coureurs français. Pourtant, certains partenaires privilégient des hommes bankables pour la victoire au scratch pour obtenir un maximum de retombées presse. A nous, à la Fédération, et en pleine collaboration avec les organisateurs d’événements, de les motiver à aider la voile au féminin comme nous venons de le faire avec la classe Figaro-Bénéteau et la classe Imoca dans le cadre de notre plan mixité 2019-2022."

NB : info publiée le 1er avril. Rien n’est donc vrai (ou presque) dans cet article !


Les vainqueurs du Challenge ESPOIR

  •  Loic GALLON en 1993 
  •  Franck CAMMAS en 1994
  •  Gaël LE CLEAC’H en 1995
  •  Nicolas BERENGER en 1996
  •  Yann ELIES en 1997
  •  Sébastien JOSSE 1998 & 1999 
  •  Armel LE CLEAC’H 2000 & 2001
  •  Gwénaël RIOU 2002 & 2003 
  •  Oliver KRAUSS 2004 & 2005
  •  Christopher PRATT 2006 & 2007 
  •  François GABART 2008 & 2009 
  •  Anthony Marchand 2010 & 2011
  •  Corentin HOREAU 2012 & 2013
  •  Sébastien SIMON 2014 & 2015
  • Pierre RHIMBAULT 2017 & 2018


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