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Istanbul Europa Race

Cumali Varer : "je cours après mes rêves"

"Je sais aussi faire du business"

vendredi 28 août 2009Redaction SSS [Source RP]

Cumali Varer, l’organisateur de l’Istanbul Europa Race, dit « être né en mer ». Au bord de la mer noire en fait. Il a pris des cours de voile en Manche, s’est installé au bord de la Méditerranée et relie maintenant le Bosphore à l’Atlantique. C’est un franco-turc en quête d’identité européenne.

En quittant le tourisme, son secteur d’activité à Paris jusqu’au milieu des années 90, Cumali Varer s’est surtout affranchi de l’immobilisme. Tourmenté par le souvenir de la navigation d’enfance en mer noire, « pour la pêche », il a mis le cap sur Granville, Normandie, pour prendre des cours de voile et découvrir les océans. « Je voulais connaître l’Atlantique », rappelle-t-il. Puis il s’est souvenu qu’en homme du sud, à l’origine, Turc ayant choisi la France pour deuxième patrie, il aimait aussi énormément le soleil. Alors, il s’est installé à Cannes en 1996. « Depuis, je ne vis que de la mer, pour et par la mer », lâche-t-il. Il organise des balades en Méditerranée, et surtout, des courses internationales depuis cinq ans.

La Cap Istanbul, son premier bébé en matière de compétition, l’a mis au révélateur : « La voile est le support idéal pour la découverte et le rassemblement », reconnaît-il. À 49 ans, il reste en quête de racines et d’identité, pour lui-même et pour les Européens de son époque. « Je ne suis pas seulement turc et français, tempête-t-il, j’adore mes deux pays mais je me sens profondément citoyen européen. L’Europe a besoin d’identité et d’une forme de patriotisme équivalente à celle des Etats-Unis d’Amérique. Si l’Istanbul Europa Race part d’ici, ce n’est pas parce que je suis turc d’origine, c’est pour boucler l’Europe. Le projet initial consistait à relier Saint-Pétersbourg à Istanbul, l’Europe du Nord au Sud, on n’y est pas arrivé cette année mais en 2011, on y arrivera. La seule incertitude, c’est dans quel sens on le fera. »

Face à une carte d’Europe, Cumali Varer voit « les portes et les fenêtres ». Brest en est une. Une porte de sortie pour une première édition qui s’achèvera à la pointe de la Bretagne, dans la cité du Ponant. « Comme pour toutes les naissances, il y a eu des contractions avant l’accouchement, image-t-il. Mais on assiste à l’arrivée d’un bébé qui deviendra un grand classique de la course au large. »

« C’est un grand orchestre qu’il faut gérer, enchaîne-t-il. Mais je ne me définis pas comme un homme d’affaires. Je sors l’idée de ma tête, et après, je cours après mes rêves, même si ça ne doit rien me rapporter. Je sais aussi faire du business, mais un homme d’affaires ne ferait pas ce genre de connerie sans certitude de profits. Je suis un passionné, ça oui ! »

« Plus que la passion de la voile, ajoute-t-il, ce qui m’anime, c’est la passion de faire quelque chose : pour le monde, pour l’Europe, pour la communication et les échanges culturels entre les peuples, pour l’intégration mondiale. J’éprouve un attachement profond à l’humanité. J’aime aussi le vélo, j’ai attrapé le virus de ce sport il y a deux ans, pour son côté écolo, nature et aventure humaine. »

Le vent porte aussi l’organisateur de courses au large vers l’histoire de ses ancêtres. En 1492, le sultan Beyazit envoie sa flotte en Espagne afin de transporter les centaines de milliers de juifs chassés par Isabelle La Catholique. Cumali Varer dirige la production d’un film retraçant cet épisode poignant de l’histoire des pays méditerranéens. « Les chevaliers de Malte, les pirates, on a tout recréé, sourit-il. Voyez, tout ce que je fais est en lien avec la mer. » Cet amour charnel, les marins le lui reconnaissent. C’est avec eux qu’il a conçu l’Istanbul Europa Race. Et c’est l’un d’entre eux, Kito De Pavant, qui lui a donné ce surnom : « Merlin l’enchanteur ». Plus près de la mer toutefois que de la forêt de Brocéliande...

- Info presse Istanbul Europa Race 2009 / Marie Le Berrigaud


Infos complémentaires

- En 2006, Cumali Varer a co-organisé avec Franck Covat (qui en a eu l’idée) la course en double en Figaro-Bénéteau entre Cannes et Istanbul.
- En 2007 et 2008, seul aux commandes, il a organisé les deux autres éditions de la course, en double et en solitaire, au départ de Nice puis d’Istanbul.
- L’édition 2009 de Cap Istanbul a été annulée au profit du "Tour de l’Europe" version 60 pieds Open.
- Cumali Varer organise ses événements avec sa société Olay Nautic basée à Istanbul : www.olaynautic.com.



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