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#FigaroBénéteau #TALM

Transat AG2R La Mondiale : Hardy & Ruyant ont devancé Simon & Lagravière, Mahé & Troussel et Leboucher & Pratt à St Barth

vendredi 11 mai 2018Information Transat AG2R

C’est à la force de leurs choix que Adrien Hardy et Thomas Ruyant (Agir Recouvrement) ont remporté la 14e Transat AG2R Transat AG2R #TALM LA MONDIALE ce vendredi, en coupant la ligne d’arrivée à 00h48 après 18 jours, 11 heures, 48 minutes et 22 secondes de course. C’est en vitesse Vitesse #speedsailing que Sébastien Simon et Morgan Lagravière (Bretagne CMB Performance) ont pris la deuxième place une heure et neuf minutes après. C’est tout en audace que Gildas Mahé et Nicolas Troussel (Breizh Cola) ont su conquérir cette troisième place qu’ils briguaient depuis longtemps, mais qui était également très convoitée. Trois styles, mais une seule école : celle de l’excellence.

A l’ouest dans la traversée du golfe de Gascogne, à fond dans la descente des côtes du Portugal. A l’ouest ensuite, au virage virtuel signifié par la bouée de La Palma, aux Canaries, là où bien peu se sont aventurés. Dans le nord de la flotte, enfin, lorsque tous les prétendants se sont mis en position de mettre le nez à l’Ouest, direction Saint-Barth. Au nord encore quand Sébastien Simon et Morgan Lagravière ont décroché pour glisser vers le sud. Si l’on devait résumer ce qui fait un vainqueur dans la course au large, on dirait qu’ils ont toujours raison. Michel Desjoyeaux, vainqueur de la première édition de la transat AG2R Transat AG2R #TALM dirait, lui, que le vainqueur est celui qui a fait le moins d’erreurs.

Pour le coup, Agir Recouvrement signe également ce qui peut être considéré comme le record Record #sailingrecord de la transat AG2R Transat AG2R #TALM LA MONDIALE ou, à tout le moins, le temps de référence entre Concarneau et Saint-Barth en Figaro Bénéteau. Le précédent meilleur temps appartenait à Kito de Pavant et Pietro d’Ali, et il datait de 2006.

Il s’en est fallu cependant de petits riens, tant Agir Recouvrement a dû forcer son destin pour creuser, enfin de manière définitive, un écart confortable sur Sébastien Simon et Morgan Lagravière. Ecart qui se traduira en 1 heure et 9 minutes tandis que la nuit commençait à tomber sur le port de Gustavia.

Incontestablement, Sébastien Simon et Morgan Lagravière étaient parmi les plus rapides sur le plan d’eau ! Formés tous deux à l’école du dériveur (en Optimist et 420 pour Sébastien Simon, en 49er pour Morgan Lagravière au sein de l’Équipe de France olympique), ils furent aussi chacun de leur côté, sélectionnés pour le premier, au Challenge Espoir Bretagne CMB, pour le second avec le Team Vendée. Et rapidement, ils deviennent l’un et l’autre des fers de lance du circuit Figaro. Ils connaissent parfaitement la machine et même s’ils n’avaient jamais navigué ensemble, ni l’un contre l’autre, ils avaient la réputation d’être de redoutables compétiteurs, non seulement sur le court terme, mais aussi à l’endurance. Vainqueurs du Trophée de la Performance sur l’ensemble de la course, les deux Vendéens de naissance n’en ont sans doute pas fini avec leur ascension. Sébastien Simon se fait construire un IMOCA Imoca #IMOCA pour courir le Vendée Globe 2020, et Morgan Lagravière, qui n’a couru qu’un bout du globe en 2016, est déterminé à y retourner.

Pour les troisièmes, Figaristes chevronnés, la lutte aura été encore plus tendue. Pour faire court, Breizh Cola et Guyot Environnement Environnement ont quasiment fait route ensemble depuis une centaine de milles avant les îles des Canaries… Pour ne plus jamais se lâcher. Collés aux Canaries, collés dans la portion la plus au sud de la flotte jusqu’à leur arrivée, ces deux bateaux ne se seront rien concédé : 14 minutes et 15 secondes les ont séparés sur la ligne d’arrivée ce vendredi matin. Trois fois rien.


Ils ont dit

LES VAINQUEURS

Adrien Hardy (Agir Recouvrement)

« C’est seulement en arrivant qu’on prend conscience du truc, qu’on était le premier bateau à quai ! Ce n’est pas franchement une revanche (par rapport à 2016), une satisfaction avant tout : l’objectif était ambitieux à Concarneau. Quand on gagne, on s’entend toujours bien mais il a fallu se faire plaisir tout en allant chercher la performance… »

Thomas Ruyant (Agir Recouvrement)

« On avait conscience que nous étions devant, mais il y avait encore pas mal de paramètres qu’on ne gérait pas : les sargasses, les alizés, les grains avec seulement neuf milles d’avance ! Mais on avait les crocs pour aller chercher cette victoire. Sébastien Simon et Morgan Lagravière étaient vraiment rapides mais pour nous, notre route était la bonne : on n’a pas lâché notre option… Nous avions déjà fait une transat ensemble en IMOCA Imoca #IMOCA et nous savions que nous nous entendions bien et que nous étions sur la même longueur d’onde. Nous n’avons pas lâché la barre plus de deux heures sur cette transat ! »

LES DEUXIEMES

Sébastien Simon (Bretagne CMB Performance) : « C’est une superbe deuxième place ! Forcément, on était trop content de mener pendant un long moment et on a eu très envie de la victoire ! Mais on n’a rien à regretter, on a tout donné. Après trois semaines de course harassante, stressante, dans des conditions difficiles, on en a vraiment profité, c’était génial. Tout s’est joué quand on a décidé de se recaler vers la flotte du sud. Adrien a attaqué un peu plus que nous, et il a eu raison. On a été un peu plus conservateur. Je ne pense pas qu’on regrette notre choix, on l’a fait ensemble. Pendant 48 heures, ça ne s’est pas bien goupillé, on allait moins vite, on avait un peu moins de vent. Peut-être que ça s’est joué là. Mais on ne peut pas contrôler la météo, qui est aléatoire, et on a donné tout ce qu’on a pu. La deuxième place est déjà incroyable. Pour nous (sur la fin, ndlr), le danger venait du sud, pas du nord. Alors on s’est plus focalisé sur Breizh Cola que sur Agir Recouvrement. On a décidé d’aller protéger le sud. Et je ne sais pas pourquoi, on a eu ce moment avec moins de vent. »

Morgan Lagravière (Bretagne CMB Performance) : « C’est génial, l’accueil est incroyable, le timing est parfait. On s’attendait à un bel accueil, c’est top, on va être à maturité pour profiter de cette si belle ambiance. On a toujours été en phase dans les choix, Sébastien et moi. Quelque part, on est assez proche dans la manière de s’investir et de faire les choses, et on avait la même manière de fonctionner et de réfléchir sur le bateau. Ce n’est pas de la souffrance à proprement dit : il y a eu des moments longs, des moments de lassitude, des moments où on a juste une envie : arriver. Mais on n’est pas dans la souffrance : personne n’est malade, personne n’est blessé et on fait une course à la voile ».

LES TROISIEMES

Gildas Mahé (Breizh Cola) : « Cette troisième place est savoureuse. Mais on aurait bien savouré une première place avec Nicolas. A peu de choses près, elle aurait pu être amère. On a cravaché depuis hier. On a fait une petite erreur stratégique avant-hier, on a laissé du latéral vers l’Ouest à Guyot Environnement Environnement . Il a réussi à se refaire avec ça. Les premiers m’épatent toujours par leur indépendance d’esprit (rires), qui me marque à chaque fois, et qui a encore payé. Ils ont les cerveaux bien faits ces garçons-là je crois. Les deuxièmes comme d’habitude, sont toujours au rendez-vous. A chaque fois, les gars qui gagnent les transats font la différence le long du Portugal. Ce n’est pas facile de savoir où on met le curseur, quand ça va casser ou quand on va se faire mal. Il y a des moments où ça peut être dangereux, notamment quand il y a 40 nœuds, que l’on fait des plantés énormes… Il faut penser au bateau mais faut aussi penser à soi. »

Nicolas Troussel (Breizh Cola) : « Concernant notre placement à Palma, il fallait pouvoir prendre le choix au dernier moment, se laisser la possibilité de prendre l’une ou l’autre option jusqu’au dernier moment. On a préféré faire l’option Sud car nous avons pensé que le Nord était risqué. On s’est trompé, ils ont gagné. C’était une super bagarre jusqu’au bout. On y a cru jusqu’à trois jours de l’arrivée. Avec un petit coup de réussite, on pouvait faire quelque chose. Nous sommes vachement contents car jusqu’à peu, on se voyait quatrième. Récupérer cette troisième place nous fait plaisir. J’ai pris beaucoup de plaisir sur l’eau. Tous les jours, j’y pensais. Je me disais que c’est vraiment là que je suis bien. »

1er : Agir Recouvrement (Adrien Hardy et Thomas Ruyant)

2e : Bretagne CMB Performance (Sébastien Simon & Morgan Lagravière)

  • Temps de course : 18j 12h 57min 40s
  • Distance parcourue sur l’eau : 4 261 milles
  • Vitesse moyenne sur l’eau : 9,58 nœuds
  • Vitesse moyenne par rapport à la route directe (3 870 milles) : 8,74 nœuds

3e : Breizh Cola (Gildas Mahé et Nicolas Troussel)

  • Temps de course : 18j 15h 36min 40s
  • Vitesse moyenne : 8,69 nœuds
  • Distance parcourue : 4469 milles à 9,98 nœuds
  • Ecart au premier : 3h 48min 18s

4e : Guyot Environnement (Pierre Leboucher et Christopher Pratt)

  • Temps de course : 18j 15h 50min 55s
  • Vitesse moyenne : 8,67 nœuds
  • Distance parcourue : 4457 milles à 9,95 nœuds
  • Ecart au premier : 4h 2min 33s

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