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Transat 650

Fred Duthil, un kitesurfer au départ de la Transat 650

"le trip mini, c’est l’aventure de traverser l’atlantique en solitaire !"

mercredi 20 août 2003Christophe Guigueno

Ancien membre de l’équipe de France de planche à voile olympique, kitesurfer régulier, Fred Duthil prépare depuis deux ans sa première transatlantique à la voile, en course et en solitaire. Il va prendre, le 7 septembre prochain, le départ de la Transat 650 Charente Maritime - Bahia, plus connue sous le nom de Mini-Transat Mini-Transat #MiniTransat , au départ de La Rochelle et à destination de Salvador de Bahia au Brésil.

Fred est aussi à l’aise en kite, en fun, en Open 750, ou en mini…
Photos : Ch.Guigueno / Pipof.com/voile

A presque 30 ans, Fred Duthil fera parti des sérieux outsiders de cette quatorzième Mini-Transat Mini-Transat #MiniTransat . Depuis deux ans, il navigue à la barre de son prototype de 6,50 mètres de long. All Mer est un voilier de course ultra léger, construit en 1999 sur les plans de Sébastien Magnen et Bernard Nivelt. Ce petit bijou de carbone est similaire aux bateaux qui ont remporté les trois dernières éditions de la transatlantique des ’minis’ aux mains de Sébastien Magnen, l’architecte navigateur vainqueur en 1997 et 1999, puis de Yannick Bestaven, vainqueur en 2001 sur ce même parcours.

En 2001, Fred avait déjà participé à quelques courses en mini sur un bateau de location avant d’investir dans ce prototype d’occasion et prendre part aux deux dernières saisons sous les couleurs d’All Mer, Sympatex et Rockport. Aujourd’hui, le skipper des Côtes d’Armor est qualifié pour la transat 650 et peut dresser un premier bilan positif de ses deux saisons de préparation. Son palmarès compte d’ailleurs de nombreuses victoires et podiums sur les courses d’avant saison comme cette année lors de laquelle il a remporté la Select 650 et la Chrono 650 Chrono 650 #chrono650 avant de terminer second de la Mini-Fastnet et troisième de la Transgascogne.

"Après deux saisons en 650, je peux dire que cela m’a permis de découvrir la course au large sur des parcours d’une durée de plus de deux jours comme lors des deux Mini-Fastnet et deux Transgascogne auxquelles j’ai pris part. C’était quelque chose de vraiment nouveau pour moi et cela m’a donné l’opportunité d’appréhender une logique de course au large que je n’avais pas du tout parce que je viens de l’olympisme."

Membre de l’équipe de France de planche à voile de 1993 à 1999, Fred a l’expérience de deux préparations olympiques. Un sérieux atout dans sa préparation pour la Transat 650.

"Finalement, il n’y a pas grand chose de différent entre une préparation olympique et une préparation de la Transat 650 car, en olympisme, on apprend à s’organiser pour plusieurs objectifs dans une même saison. Il y a plusieurs semaines pré-olympiques, les championnat d’Europe et du monde dans une saison. Comme il y a des sous-objectifs et des objectifs dans une saison de régates olympiques, en mini, l’objectif principal, c’est la Transat 650. Et les sous-objectifs, ce sont les courses qui permettent de faire progresser le bateau, ainsi que sa gestion personnelle et la météo."

"L’avantage de l’olympique est de nous apprendre à préparer une échéance, de préparer quelque chose de concret. J’ai donc abordé mon projet mini comme si c’était une troisième préparation olympique. J’ai détaillé au mieux, dès le départ et malgré les aléas de budget et de travail, les régates pour lesquelles je devais privilégier pour certaines, l’aspect technique du bateau, pour d’autres, la météo, tout en gardant l’objectif de bien faire sur l’eau."

"Au niveau de la préparation du bateau, j’ai fait tout ce qu’il fallait pour que le bateau soit au top : on a fait plusieurs modifications sur le bateau comme le remplacement du gréement, la modification du plan de pont, une révision de l’électronique et des pilotes automatiques, l’allégement du bateau et, dernièrement, un changement des paliers de rotation de la quille ainsi que des deux safrans. Il y a aussi eu un travail sur deux ans avec la voilerie Le Bihan sur les voiles d’All Mer. On a ainsi des voiles performantes dont les dessins sont biens aboutis."

"Du côté de la préparation personnelle, de tout les navigateurs qui seront au départ de La Rochelle, je serai un de ceux qui aura le plus navigué sur son bateau, soit pas loin de 5000 milles entre les courses et les convoyages (ndr : la Transat 650 représente deux étapes de 1200 et 2500 milles environ). Au niveau personnel, j’ai beaucoup progressé sur la vie à bord (repos, gestion du temps à bord). Ces deux années de navigation m’ont fait du bien et je suis en adéquation sur mon bateau. Je me sens en sécurité à bord et je sais quand il souffre ou pas. C’est important car, au large, il ne faut pas faire souffrir le bateau !"

Issu de la planche à voile olympique, Fred Duthil s’est donc reconverti dans la course au large. Il a choisi le ’mini 650 Mini 650 #mini650 ’, un petit bateau mais avec un gros programme. Un choix étonnant ?

"J’ai choisi ce circuit car, d’une part, j’avais un travail à coté que je ne voulais pas lâcher (ndr : Fred est expert pour le cabinet Polyexpert de Rennes) et d’autre part, que je savais que ce projet me permettrai continuer à travailler tout en jouant les places d’honneur sur les courses. Cela n’aurait pas été concevable en Figaro-Bénéteau (ndr : circuit monotype Monotype #sportboats sur des voiliers de 10 mètres de long). Le support est très attractif aussi car c’est un bateau sympa ! Et il y a le trip mini : c’est l’aventure Aventure de traverser l’atlantique en solitaire ! Il y avait donc plus de logique de me former et me faire un nom sur ce programme avant d’attaquer autre chose…"

Mais avant de penser à autre chose, il y la Transat 650, deux étapes pour rejoindre le Brésil en course en compagnie de 69 autres solitaires… "La Transat 650 est une course dure car c’est une des transatlantiques les plus longues. Elle se courre sur les bateaux les plus petits et le plus spartiates de la course au large. Ce sont des bateaux très techniques, très toilés, ce sont des bateaux de guerre ! Ils sont très exigeants physiquement et techniquement parce qu’ils ont surtoilés et demandent d’adapter les voiles rapidement en fonction des conditions météorologiques. Ce qui est dur aussi, c’est que l’espace vital est très restreint. On est jamais allongé, on vie dans l’humidité en permanence. De plus, ce sont des bateaux qui atteignent vite des vitesses extrêmes par rapport à leur taille !"

Entre les régates du circuit 650 et son travail, Fred Duthil est un touche à tout passionné de sports de glisse. S’il a laissé de côté sa Mistral One Design (planche à voile olympique), il n’a pas abandonné pour autant les planches. Mais il a troqué sa voile et son wishbone pour une aile… Comme de nombreux passionnés de glisse aquatique, Fred est un adepte du kitesurf Kitesurf #Kitesurf .

"J’ai découvert le kitesurf Kitesurf #Kitesurf il y a deux ans. Après la planche olympique, je ne faisais plus que du funboard en loisir et je voulais découvrir un nouveau sport. Mais quand on commence à y goûter, on découvre des sensations extrêmes ! On s’envole à des hauteurs avec une légèreté incroyable ! Et tout se passe en finesse. On force autant en fun pour faire un saut d’un mètre cinquante que pour un saut de huit mètres en kite qui va durer dix secondes ! Au niveau du complément de préparation physique, c’est génial aussi car cela reste un sport très exigeant. Enfin, il y a encore plein de manoeuvres à découvrir. C’est comme une deuxième jeunesse tout en me permettant de faire une activité fun qui me permet de m’évader un peu du bateau et de mon boulot !"

Dans sa voiture, il y a donc toujours un kite et une voile prêts à tout… "Je le pratique tous les soir dès qu’il y a du vent à Lorient Lorient L’actualité du port de Lorient et de sa région. . Dès que j’ai un moment de libre, mon aile est prête à sortir ! Mon rêve est de me faire un trip en kitesurf cet hiver, soit au Cap Vert, soit aux Antilles. Au Canaries, lors de l’escale de la première étape de la Transat 650, je vais aussi en faire. Et l’arrivée de la Mini-Transat Mini-Transat #MiniTransat sera un bon moyen d’explorer les spots de kite du Brésil !"


•FRED DUTHIL en quelques dates

- 2003 : 1er Select 650, 1er Chrono 650 Chrono 650 #chrono650 , 2e Mini-Fastnet, 3e Transgascogne
- 2002 : 1er Open Demi-Clé, 1er SoloChrono
- 2001 : 1er Open Demi-Clé 6,5
- 1999 : 12e du Tour de France à la voile
- 1998 : Champion de France Olympique Mistral, 1er Semaine préolympique de Sydney
- 1997 : 4e au Championnat d’Europe Mistral
- 1993 : Vice Champion de Monde planche à voile olympique
- 1973 : Naissance le 17 octobre à Carentan

Son site : http://duthil.net



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